La chaleur est notre amie: oui mais celle que nous produisons nous en nous en courant.

Lorsqu’il fait très chaud nous nous méfions de l’hyperthermie et sommes souvent plus prudents que lors des températures moins caniculaires.
C’est pourquoi en cette fin d’été, en pleine période de préparation des marathons et trails de la rentrée, je vous donne quelques éléments d’informations utiles concernant le bon dosage de la température corporelle.

La chaleur est une forme d’énergie et pour 100% d’énergie dépensée nous en produisons 75% sous forme de chaleur et 25% sous forme d’énergie mécanique (mouvement du corps). Cette chaleur que nous créons (endogène) doit être évacuée pour que nous conservions une fourchette de température entre 37 et 42°C.

Plus on court vite, plus on produit de la chaleur dans le même temps.
Tout un travail reste à faire sur l’entraînement des mécanismes de thermorégulation du corps. Mais d’ores et déjà il faut être juste chaud comme il faut afin d’assurer à nos enzymes activatrices des réactions de glycolyse (casse du sucre) et lipolyse (casse des lipides) qu’ils soient à la bonne température (38,5°C) pour être oxydé à débit maximal de consommation maximal d’oxygène (VO2max) par exemple.

De même nous avons d’autres protéines (les Heat Shock Proteine , HSP) qui ont été découvertes par effet induite de la chaleur corporelle, assurent la protection, le maintien et la régulation des fonctions des protéines auxquelles elle sont associée comme la régulation des facteurs de transcription du signal pour « fabriquer » de nouvelles protéines musculaires par exemple. En plus, la chaleur endogène favorise le relargage de l’oxygène depuis l’hémoglobine qui la transporte dans le sang sur les wagons globules rouges. Oxygène relargué donc utilisé pour les oxydations et la production d’ATP et donc d’énergie mécanique en raccourcissant la fibre musculaire. En effet, l’affinité de l’hémoglobine pour l’oxygène est en relation inverse avec la température du sang. Cela signifie concrètement que l’augmentation de température du sang, dans le cas où l’exercice se prolonge, entraîne la libération de l’oxygène fixé sur hémoglobine ; la courbe de dissociation est alors déplacée vers la droite comme pour l’effet Bohr. Il faudrait une pression partielle d’oxygène (PaO2) plus importante pour avoir le même pourcentage de saturation de l’hémoglobine en oxygène (SaO2). Là encore, cela va dans le sens d’une plus grande mise à disposition de l’oxygène pour les tissus actifs, en rapport avec les besoins accrus par l’augmentation du métabolisme.

C’est pourquoi, l’entrainement BILLATRAINING maintien un entraînement long dans la semaine de plusieurs heures sous la forme d’une rando courue de 4 à 25 km/h (sprint) avec des pauses selon l’envie. Ces protéines sont des protections de la fibre musculaire et réagissent au stress mécanique et à la chaleur. Ce sont bien les 2 formes de production énergétique de la course.
Notre chaleur endogène est une copine alliée des effets de l’entraînement mais la chaleur exogène (en dehors de nous) est en revanche contre productrice en cela qu’elle va nous limiter dans l’entraînement et notre capacité à tirer parti de notre chaleur endogène (endo = en nous, gène = générer).
Pour avoir gagné deux fois le championnat de marathon du Cameroun (38°C avec 90% d’humidité) avec l’impossibilité d’évacuer la chaleur par évaporation de la sueur en raison de l’air chargé d’humidité (essayer de faire sécher votre linge dans une pièce humide) et devant l’impossibilité d’évacuer la chaleur par convection (échange de chaleur entre le sang chaud qui va à la peau et l’environnement en raison du gradient thermique trop faible entre mon 38°C à moi et celui de Douala, la solution fut de baisser ma vitesse de 10% afin de limiter la production de chaleur dans la même durée et de varier davantage ma vitesse pour faire baisser la monter de température + épongeage (sueur artificielle évitant de trop se déshydrater) et boisson (pas trop et attention à la qualité de l’eau ayant eut l’expérience de fin de marathon très ….pressante au plan intestinale !!!.
Et attention au délicieux vin de Palme à l’arrivée
Mais pas à la chaleur Humaine
Surtout à Douala

Pour la petite histoire j’avais été invitée par les brasseries Camerounaises cela ne s’invente pas !!!

Précision des effets de la chaleur sur la fréquence cardiaque :
Pendant un exercice de longue durée (1 heure et plus) le débit cardiaque est stable. Cependant le volume d’éjection systolique diminue en raison de l’augmentation de la température interne du corps (40° à la fin d’un marathon couru à 25°C est une température couramment rencontrée chez les coureurs). Cette augmentation de la température interne provoque une dérive du débit sanguin vers la peau avec en plus une baisse du volume plasmatique due à la déshydratation.
Cela contribue à diminuer le retour veineux vers le cœur ce qui va effectivement réduire le volume d’éjection systolique. Pour faire face à la demande métabolique qui ne diminue pas au cours d’une épreuve à vitesse constante, le débit cardiaque est maintenu constant grâce à l’augmentation de la fréquence cardiaque. Ainsi une course sollicitant un débit cardiaque de 15 l/min pendant 1h30 avec une fréquence cardiaque de 130 bpm à la 30 ème minute (avec un volume d’éjection systolique de 115 ml/bt) va se terminer avec un débit cardiaque toujours égal à 15 l/min mais avec une fréquence cardiaque de 160 bpm et un volume d’éjection systolique égal à 93 ml/bt. La fin d’un marathon se termine souvent à une fréquence cardiaque proche de la fréquence cardiaque maximale (Fc max) alors que la vitesse n’est que de 75-80% de v dans les deux derniers kilomètres sauf pour les sportifs de très haut niveau qui arrivent à conserver leur vitesse de course tout au long de l’épreuve (mais il faut remarquer qu’ils ne courent “que” 2h02 contre plus de 1heure de plus pour le coureur amateur).

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